Vivre

Comment continuer à vivre correctement en société lorsque l’on souffre d’anxiété, du trouble panique, et d’agoraphobie ?

De nombreux moyens s’offrent à nous, en commençant par nos rencontres hebdomadaires, nos exercices physiques, nos thérapies, nos habitudes de vie, nos proches, nos médicaments, notre recherche intérieure.

Pour ma part, depuis deux ans, mon implication à titre de téléphoniste-bénévole de la ligne d’écoute de Phobies-Zéro a été et demeure mon principal outil.

Écouter des gens en crise n’est pas chose facile. Cela demande de l’attention, de la disponibilité, et beaucoup d’énergie. Sauf qu’en retour, nous comprenons que nous ne sommes pas seuls, que d’autres vivent des situations semblables aux nôtres, que cette « maladie mentale » est réelle, et que nous pouvons nous y mesurer adéquatement.

Presque à chaque semaine, je reçois un trophée. Lorsqu’une personne en crise a retrouvé le contrôle d’elle-même à la fin d’une conversation téléphonique, il s’agit pour moi d’une victoire et d’une magnifique récompense. C’est utile, c’est réel, c’est concret, c’est magnifique. D’autres crises surviendront probablement, mais celle de ce soir est maîtrisée. Si nous avons réussi à retrouver nos esprits ce soir, pourquoi ne pas pouvoir faire de même lorsqu’une autre crise apparaîtra demain ou après-demain ?

Tous les appels téléphoniques ne parviennent pas de personne en crise. Parfois, c’est une demande de renseignements au sujet des rencontres, des autres services disponibles, de la documentation, des questions de la part d’un proche qui s’inquiète du comportement d’un ami, d’un membre de sa famille, et qui veut lui venir en aide. Souvent, c’est une personne qui désire simplement parler, être écoutée, partager son quotidien, avoir un ami temporaire au bout du fil.

Nous manquons tous de confiance. Nous devons la reconstruire peu à peu, et l’entretenir. Le bénévolat au téléphone de Phobies-Zéro nous permet justement de garder la tête haute, d’écouter, de partager, de reconstruire notre soi-même partiellement détruit. C’est dur, mais c’est positif. J’espère pouvoir continuer mon engagement téléphonique longtemps. J’y tiens !