Les troubles anxieux

L’anxiété normale

La peur est une réaction physiologique, psychologique et comportementale (attaque ou fuite) normale, déclenchée chez un individu lorsqu'il est en présence d'un danger réel pour sa vie (p. ex. une tornade, un chien méchant, un accident). Cette émotion est donc inséparable de notre condition humaine puisque la vie est faite de diverses situations plus ou moins menaçantes auxquelles l’individu doit faire face pour s’adapter et survivre. La peur est nécessaire, car elle exerce une fonction stimulante sur l’organisme et prépare l’individu à faire face au danger et à prendre action (p. ex., vous vous sentez anxieux face à un examen, vous allez donc étudier davantage). L’absence de peur ou d’anxiété serait néfaste, car elle engendrerait une sorte d’indifférence affective.

Certains utilisent le mot peur pour désigner la réaction déclenchée par un danger réel par opposition à l’anxiété qui serait déclenchée par un danger perçu ou imaginé. La plupart du temps toutefois, ces deux termes sont utilisés de façon interchangeable, peu importe la nature du danger.

L’anxiété problématique

Les troubles anxieux sont des troubles psychologiques qui affectent le comportement, la pensée, les émotions et le fonctionnement de la personne qui en est atteinte. L’anxiété est le dénominateur commun à tous les troubles de cette catégorie. C’est la nature de la peur, ou la source de l’anxiété, qui varie d’un trouble à l’autre. On parle de trouble anxieux lorsque l’intensité de la peur et les comportements d’évitement déployés pour y faire face ne sont plus adaptés, nuisent au fonctionnement de l’individu et engendrent une détresse psychologique importante.

 

Les troubles anxieux les plus fréquents sont :

L’anxiété généralisée

Ce trouble se caractérise par la présence de soucis persistants et excessifs présents la plupart du temps et concernant un certain nombre d’événements ou d’activités de la vie courante (p. ex. : s’en faire pour le travail, la santé, les enfants, etc.). L’intensité, la durée ou la fréquence de l’anxiété et des soucis sont hors de proportion avec la probabilité que l’événement redouté survienne et avec son impact réel.

La phobie spécifique

Ce trouble se caractérise par une peur persistante, intense et irrationnelle ou bien excessive, déclenchée par la présence ou l’anticipation d’être confronté à un objet ou une situation spécifique telle que les hauteurs, la vue du sang, les insectes et les animaux. On parle de phobies uniquement lorsque les objets ou les situations redoutés perturbent de façon importante les habitudes de vie de l’individu, ses activités professionnelles (ou scolaires) ou ses relations avec autrui.

La phobie sociale

Ce trouble se caractérise par une peur persistante et intense du jugement d’autrui lorsque la personne se retrouve dans des situations sociales ou des situations de performance lors desquelles la personne est en contact avec des gens non familiers ou est exposée à l’observation d’autrui (parler en public, manger ou écrire). La personne craint d’agir (ou de montrer des symptômes d’anxiété) de façon embarrassante ou humiliante, de sorte que ces situations sont évitées ou vécues avec une détresse intense.

Le trouble panique

Ce trouble se caractérise par la présence d’attaques de panique soudaines et inattendues qui se manifestent comme des crises aigües d’angoisse et de terreur. Ces attaques sont accompagnées de symptômes physiques très intenses et pénibles (palpitations cardiaques, tremblements, impressions d’étouffement, douleur thoracique, etc.) au point où la personne croit être victime d’une crise cardiaque ou être sur le point de mourir. Après un certain temps, la peur d’avoir une attaque de panique est suffisante pour en déclencher une.

L’agoraphobie

Ce trouble se caractérise par la peur, l’évitement et la fuite d'un certain nombre d’endroits et de situations où la personne pense qu’il serait difficile ou embarrassant de s'échapper ou de trouver du secours en cas de difficulté (être dans une foule, une file d’attente, sur un pont, dans un autobus, une voiture ou une rame de métro). L’évitement progressif de tous les lieux publics réduit de plus en plus la liberté de la personne au point où celle-ci demeurera chez elle à moins d’être accompagnée pour se déplacer.

Le trouble obsessionnel-compulsif

Ce trouble se caractérise par la présence d’obsessions et/ou de compulsions qui interfèrent de façon importante avec le fonctionnement de l’individu. Les obsessions sont des idées, des pensées ou des images mentales persistantes qui sont perçues comme inappropriées et qui font intrusion dans la conscience de la personne malgré sa volonté. Les obsessions les plus communes ont trait à la saleté, à la contamination, à des impulsions agressives ou sexuelles, au sacrilège, à l’ordre ou encore à des doutes répétés. Les obsessions génèrent beaucoup d’anxiété de sorte que la personne tente de les ignorer ou réprimer ou de les neutraliser par d’autres pensées ou actions bien précises ou ritualisées. Ces rituels ou compulsions deviennent très invalidants et peuvent occuper plusieurs heures par jour.